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Comment l'Université de Lausanne fait face à la crise du Coronavirus

Université de Lausanne : « Face à la crise du coronavirus, nous faisons tout pour garantir un semestre validé à nos étudiants »

Un peu partout dans le monde, les établissements s’organisent pour assurer la continuité pédagogique. Responsable numérique et multimédia du centre de soutien à l’enseignement de l’université de Lausanne, Jean-François Van de Poel explique concrètement la stratégie mise en œuvre.

Comment l’université de Lausanne s’est-elle préparée depuis le début de l’épidémie ?

Alors que la pandémie du coronavirus a touché l’Italie voisine, la Suisse a rapidement été atteinte à son tour et des réunions quotidiennes ont été organisées entre la direction de l’université de Lausanne (Unil) et les autorités sanitaires du canton. La fermeture de l’établissement a été décidée le 13 mars, mais cela faisait trois semaines que nous nous préparions à cette éventualité.

Pour nous, la question de la mise en ligne des cours ne s’est pas posée car l’Unil a fait le choix de garantir à nos étudiants un semestre correct, validé. Nous avons donc mis en place une stratégie qui permettait de garantir aux étudiants la continuité pédagogique, et qui donnait aux facultés le cadre et le soutien nécessaires leur permettant de rapidement de mettre en œuvre cette stratégie dans le respect de la liberté académique car il s’agit là d’une valeur importante dans notre pays et notre culture.

Concrètement, l’université a laissé aux facultés une semaine pour organiser l’enseignement à distance. Elle a par ailleurs mis en place une cellule covid-19 pour informer les 16 000 étudiants et cette communication a été relayée par les facultés. Il revenait à notre centre de soutien à l’enseignement de conserver le lien avec les professeurs et de collaborer avec les autres services centraux pour la mise en œuvre du cadre et du soutien aux enseignant.e.s.

Quels outils avez-vous déployés ?

Une fois la fermeture annoncée, notre priorité a été de mettre en ligne de la documentation à destination des professeurs, pour les accompagner dans la conception de cours à distance. Nous avons également organisé une trentaine de webinaires qui ont touché environ 500 enseignants. L’objectif : donner les bases pour réaliser du contenu multimédia, organiser des sessions synchrones en ligne, structurer son cours sur Moodle ou encore créer de l’interactivité.

Sur cette thématique, nous avons promu des usages de Wooclap : chaque webinaire comportait un brainstorming d’entrée et un questionnaire de fin. Ces sessions, qui se déroulaient en direct pour conserver une présence humaine, ont ainsi permis aux enseignants de découvrir l’outil : Wooclap était jusque-là utilisé en mode pilote par une centaine d’enseignants. Nous allons certainement passer à 500 ou 600 enseignants utilisateurs et il sera intéressant de voir si les professeurs qui ont testé Wooclap en webinaire en tant qu’apprenants vont avoir envie de l’utiliser dans leurs cours en tant qu’enseignant. Les chiffres d’usage que nous aurons dans deux ou trois semaines montreront le niveau d’appropriation de Wooclap qui me semble un bel outil d’animation, en présentiel comme à distance.

Comment vous êtes-vous préparés sur le plan technique ?

Il a fallu renforcer nos infrastructures : en plus de doubler la taille de notre intranet, nous avons opté pour une solution de cloud chez Ubicast afin d’éviter que les enseignants ne mettent leurs vidéos directement sur Moodle qui n’est pas un outil adapté pour ce genre d’action. En effet, si ne serait-ce que 20 % de nos 3 000 enseignants mettent en ligne cinq ou six vidéos chacun, on arrive à des charges de 4 ou 5 téraoctets : ce n’est pas utile d’alourdir le fonctionnement de Moodle et, potentiellement, de mettre en danger toute notre infrastructure ! Mieux vaut donc déposer les vidéos sur un méta-serveur qui est conçu pour cela, qui sait gérer plus de 1 000 connexions simultanées concurrentes sur un même média.

Cependant, on sait que nos infrastructures vont souffrir, de la même manière que des outils comme Teams ou Zoom ont connu des dysfonctionnements. Il faut le savoir et l’accepter. Et privilégier l’enseignement asynchrone pour réduire le risque de surcharge.

« Nos infrastructures vont souffrir, il faut réduire le risque de surcharge. »

Comment s’est passé le début de l’enseignement à distance ?

Les cours en ligne ont commencé cette semaine, à partir du 22 mars. Pour certains enseignants, restructurer son cours pour créer une séquence en ligne représente un vrai challenge. Cependant, la plupart d’entre eux ont toutes les clefs en main pour mettre en place des cours en ligne de qualité. Ce que l’on remarque surtout c’est le dynamisme et la solidarité remarquables de notre communauté durant cette période. Nos enseignant.e.s. accomplissent des choses extraordinaires en peu de temps et la réaction des étudiants est aussi très positive.

Depuis une semaine, la production de contenu a été très importante : 400 heures de vidéos ont été déposées sur Ubicast. Il faut reconnaître qu’elles n’atteignent pas toute la qualité que l’on souhaiterait : certains enseignants, par exemple, filment des cours d’une heure et demie, alors qu’on préconise plutôt des morceaux de 15 minutes. Mais nous acceptons évidemment que, dans cette première vague d’urgence, les enseignants filment ce qu’ils peuvent comme ils peuvent : c’est déjà très bien. A partir de maintenant, nous allons animer de petits webinaires pour améliorer la qualité pédagogique des cours, en mettant l’accent notamment sur la préparation d’un support visuel et d’une narration écrite.

Par ailleurs, nos collègues ont créé des capsules pour accompagner les étudiants. Le contenu est de qualité mais sur la forme, il s’agit de présentations powerpoint commentées : on est sur le pied de guerre, on n’a pas le temps de faire de belles productions dans un studio. L’essentiel est de ne pas oublier nos étudiants, et plus largement tous les étudiants. C’est pourquoi ces trois tutoriels, sur la gestion du temps, la manière de maintenir le lien et la gestion du stress sont disponibles pour tout le monde, gratuitement, sur YouTube.

« On est sur le pied de guerre, on n’a pas le temps de faire de belles productions dans un studio. »

Comment envisagez-vous les prochaines semaines ?

Tout le monde va prendre ses marques. A l’Unil, tout est fait pour que les étudiants ne perdent pas leur temps et passent un semestre normal : tout le monde s’investit en ce sens. Nous commençons aussi à réfléchir aux évaluations et à la manière de donner davantage de liberté aux facultés, en rendant possible, par exemple, la tenue d’examens à la maison.

Une autre question majeure concerne la fermeture des bibliothèques. Or, moins d’un tiers des ouvrages de notre catalogue sont disponibles en version électronique. Il faudrait que les éditeurs scientifiques permettent aux étudiants d’avoir gratuitement accès à ces ressources pendant trois mois.

Evidemment, au-delà de la réussite des étudiants qui nous mobilise, nous souhaitons avant tout que cette crise passe et que tout le monde en sorte sain et sauf.

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