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Les 10 Neuromythes les plus célèbres par Philippe Lacroix (2/3)

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Les neuromythes sont des croyances erronées sur le fonctionnement du cerveau humain. En raison des simplifications apportées par les médias, des motifs politiques et commerciaux, et de la hâte des chercheurs à publier des résultats tape-à-l’œil, les gens acceptent une notion erronée, incomplète ou préliminaire comme une révélation novatrice. Bien que la plupart de ces mythes soient finalement réfutés, ils ont généralement pris racine dans l’esprit des gens avant que cela n’arrive. La semaine dernière, nous partagions trois des neuromythes les plus célèbres et leurs fondements neuroscientifiques faussement revendiqués. En voici trois autres :

Neuromythe N°4: «Il existe trois styles d’apprentissage»

Ce mythe prétend que chaque apprenant aurait un style d’apprentissage privilégié : visuel, auditif ou kinesthésique. En réalité, ces préférences, quand elles s’expriment, sont de simples habitudes de travail. La science démontre que s’y conformer n’apporte aucun bénéfice.

Nous sommes avant tout des êtres visuels quelle que soit notre préférence éventuelle. Il est démontré qu’associer une image à une explication facilite l’apprentissage chez tous. Multiplier les modalités sensorielles facilite attention et mémorisation chez tous les apprenants.

Neuromythe N°5: «Écouter Mozart rend intelligent»

Ce mythe est basé sur un «bug» scientifique. En 1973, des chercheurs américains publiaient dans la prestigieuse revue Nature des résultats révélant un gain de QI à la suite de l’écoute d’une sonate de Mozart. Dans cette étude, trois groupes d’adultes étaient soumis à des tests cognitifs du QI avant et après avoir écouté soit Mozart, soit une musique relaxante, soit rien. Le groupe «Mozart» montrait un gain très limité sur des capacités de raisonnement dans l’espace. Cet effet ne durait que quelques minutes ; les autres tests ne montraient rien. Bien que très préliminaire, ce résultat fit le tour du monde.

Il fallut plus de quinze ans pour se rendre à l’évidence : bien que rigoureuse, l’étude initiale avait donné un résultat erroné. Mais pendant ce temps, la légende s’était répandue. Des produits «effet Mozart» inondaient le marché éducatif mondial en prétendant développer l’intelligence des jeunes enfants mêmes jusque dans le ventre de leur mère. Il est à noter que l’étude, elle, se limitait strictement à l’adulte. Si «l’effet Mozart» se révèle un flop scientifique, des travaux de recherche récents suggèrent qu’étudier la musique dans l’enfance est favorable pour la cognition (White-Schwoch, 2013).

Neuromythe N°6: «La Brain Gym® favorise l’apprentissage»

Le programme Brain Gym® prétend faciliter le transfert de l’information entre les deux moitiés du cerveau par une série d’exercices. Il propose par exemple de respirer par la narine gauche pour stimuler le côté droit du cerveau, ce qui n’a aucune base scientifique.

Créée par un enseignant britannique et vendue dans quatre-vingts pays, cette méthode se réclame à tort des neurosciences. Malgré des campagnes scientifiques la réfutant, elle continue de séduire les éducateurs dans de nombreux pays.

S’il est démontré que l’exercice physique, quel qu’il soit, est bon pour le cerveau, le programme Brain Gym® est unaniment condamné par les scientifiques.

Cet article a été réalisé sur base du livre “Neuro Learning: Les neurosciences au service de la formation”, un ouvrage très riche qui “constitue un exploit pédagogique dans la mesure où il transforme un processus éminemment perturbateur en un groupe de nouvelles possibilités d’apprentissage”.

Source:

Medjad, N., Gil, P., & Lacroix, P. (2017). Neuro Learning: Les neurosciences au service de la formation. Paris: Eyrolles.

Joséphine Misson

Joséphine Misson

Josephine est responsable marketing chez Wooclap. Passionnée l'EdTech elle est responsable bonheur dans son temps libre. Vous la trouverez souvent en train de remplir le ventre de ses collègues de délicieuses friandises.