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Former les futurs managers au code informatique : un choix stratégique pour les écoles de commerce

Former les futurs managers au code informatique : un choix stratégique pour les écoles de commerce

De quelques cours précurseurs lancés il y a quatre ou cinq ans par des écoles comme l’ESCP Europe ou l’EM Normandie, c’est devenu une tendance : de nombreuses business schools (l’Edhec, l’Ieseg, Kedge, l’Ipag, l’EMLV…) ont aujourd’hui intégré dans leur cursus des formations pour apprendre à leurs étudiants à coder.

Si certains établissements font intervenir des experts extérieurs, la plupart d’entre eux misent sur des partenariats avec des écoles spécialisées comme Le Wagon qui propose des programmes intensifs de quelques semaines. Au programme : initiation à la programmation informatique et, plus largement, au développement web.

Pour les écoles de commerce, l’objectif n’est évidemment pas de former des développeurs et de rivaliser avec des écoles d’ingénieurs ou d’informatique. Davantage, l’idée est d’apporter une brique supplémentaire pour mieux préparer les futurs managers au monde professionnel. Et ce, pour au moins quatre raisons.

1. Donner une culture tech aux étudiants

D’une manière générale, suivre des cours de code informatique permet de comprendre le monde dans lequel on vit, dans la mesure où celui-ci est régi par de nombreux algorithmes. Pour les écoles de commerce, l’enjeu est donc de former des étudiants qui puissent devenir de véritables acteurs de la transition numérique.

C’est d’autant plus important que si les digital natives utilisent les nouvelles technologies, ils le font le plus souvent pour leurs loisirs. En mettant les mains dans le langage HTML ou Python, dans un contexte professionnel, les élèves managers acquièrent une culture digitale plus solide qui leur sera utile aussi bien pour lancer leur propre start-up que pour encadrer des équipes au sein d’une entreprise du numérique.

2. Transmettre des compétences techniques de base

Selon les écoles, l’apprentissage est plus ou moins poussé. Au minimum, il s’agit de se familiariser avec les outils informatiques, mais il peut aussi s’agir de construire une landing page, de prototyper un site web ou de concevoir une application.

De telles compétences serviront à tous les managers qui se destinent à travailler dans le numérique, en aidant, par exemple, à comprendre comment élaborer une stratégie digitale en s’appuyant sur l’analyse de données. De même, sans avoir à réaliser eux-mêmes les projets finis, savoir designer un produit web en tenant compte de l’expérience utilisateur et pouvoir le tester permet de piloter ses projets de manière autonome.

3. Apprendre à encadrer des équipes techniques

Quel que soit le domaine technique concerné, il est essentiel que les managers saisissent ce que font les équipes techniques, sans être eux-mêmes des spécialistes. Or, cela passe par une compréhension non seulement du contenu, mais aussi du vocabulaire car partager un langage commun facilite grandement les relations professionnelles. Comment parler avec des data scientists si l’on n’a pas une idée claire de ce qu’est le big data et de la manière dont fonctionnent les algorithmes qui vont prédire le comportement des consommateurs ?

D’autre part, avoir soi-même été directement confronté à des bugs informatiques change le regard que l’on porte sur le travail d’un développeur. Connaître les contraintes comme les possibilités des outils ouvre des perspectives aux managers et modifient leurs attentes avoir vis-à-vis des experts techniques : cela incite à se montrer d’un côté plus patient face à des problèmes qui mettent du temps à se résoudre, de l’autre, plus exigeant pour développer au maximum des produits innovants en se montrant force de proposition.

4. Développer des compétences transversales

Au-delà des savoir-faire techniques, les formations proposées dans les écoles de commerce contribuent à doter les jeunes managers de compétences plus larges, bénéfiques pour leur développement personnel et professionnel.

Tout d’abord, comme les informaticiens aiment à le dire, apprendre à coder, c’est apprendre à se tromper. Loin d’être une simple formule, il s’agit de changer son état d’esprit : alors que nombre d’étudiants (et de professionnels !) craignent souvent de mal faire, les créateurs d’entreprises racontent, eux, qu’ils ont justement appris de leurs erreurs. Tel est l’intérêt des bugs, inhérents à l’informatique : ils aident à se confronter à des difficultés, à faire preuve de pragmatisme et à dédramatiser le fait de commettre une erreur.

Par ailleurs, chercher à résoudre un bug pendant des heures, voire des jours, enseigne aussi la persévérance. La rigueur est une autre compétence favorisée par l’apprentissage du code quand on sait qu’une simple virgule peut empêcher tout un programme de fonctionner. Viennent ensuite évidemment la logique ou encore la faculté à aller chercher des informations.

Enfin, si des capacités d’analyse sont nécessaires pour comprendre un programme informatique, l’ouverture d’esprit et la créativité le sont tout autant quand il s’agit de trouver des solutions inédites. Autrement dit, enseigner le code à se étudiants, c’est aussi, indirectement, leur insuffler un certain esprit d’innovation.

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