Enseigner le numérique

Le numérique est désormais omniprésent dans notre société. Il est aujourd’hui nécessaire pour l’école de donner à tous les élèves, dès le plus jeune âge, les outils pour s’y confronter. En France, l’introduction des Sciences Numériques et Technologiques dans les programmes de Seconde est un premier pas dans cette direction : retrouvez l’analyse de Fabien Maurin (Wooclap France).

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Nous vivons dans un monde numérique : plus de 4 milliards de personnes ont accès à Internet dans le monde. Facebook a dépassé les 2 milliards d’utilisateurs. 188 millions d’e-mails sont échangés et 3,8 millions de requêtes sont tapées sur Google chaque minute.

Les technologies numériques ne sont plus seulement un outil, devenu indispensable dans l’immense majorité des métiers et des secteurs d’activité : elles sont désormais omniprésentes dans le quotidien de chacun d’entre nous.

Dans ce monde, il est indispensable de proposer à chaque jeune une éducation au numérique. L’enjeu n’est plus de former les futurs travailleurs à l’utilisation d’outils : il s’agit bien de donner aux citoyens de demain des points de repère dans un monde dont les codes ont changé.

Si le rôle des parents est central pour permettre aux enfants d’appréhender le numérique, le système éducatif se doit également d’en faire un sujet central, à tous les niveaux du cursus scolaire. Il s’agit alors pour l’institution de prendre en compte cette nouvelle dimension et de se transformer mais aussi, et surtout, de remettre au coeur de l’enseignement certains fondamentaux.

Sensibiliser les jeunes au phénomène des fake news par exemple, c’est tout à la fois les aider à comprendre les mécanismes - réseaux et algorithmes - qui permettent la diffusion de fausses informations, leur donner des outils pour y faire face, et les inciter à exercer leur esprit critique - leur faire découvrir 1984 de George Orwell, qui doit devenir un classique des programmes au même titre que L’avare et Le Rouge et le Noir.

Si l’introduction du numérique comme un sujet d’enseignement a donc sa part de nouveauté, elle s’appuie d’abord sur les principes qui fondent l’école depuis des siècles.

L’introduction cette année dans les programmes de Seconde d’une nouvelle matière, les Sciences Numériques et Technologiques (SNT), constitue un premier pas dans cette direction. En explorant des sujets comme Internet, les réseaux sociaux ou les données, les lycéens découvriront les fondements historiques et techniques de la révolution numérique et pourront s’interroger sur ses différents enjeux, sociétaux notamment.

Pour autant, la mise en place de cette nouvelle matière interroge : les professeurs des disciplines scientifiques (mathématiques et physique notamment) sont-ils en mesure de mener seuls cet enseignement ? Les SNT ne seraient-elles pas, par essence, une matière trans-disciplinaire qui, en mobilisant une réflexion tant scientifique qu’historique et philosophique, appelle un nouveau mode de collaboration entre les professeurs ? Comment former un public d’enseignants pas nécessairement technophiles à cette nouvelle matière ?

Les professionnels du secteur auraient sans doute un apport intéressant : ne faudrait-il pas leur donner la parole et confronter par la même occasion les élèves au monde de l’entreprise ?

Des initiatives similaires doivent émerger à tous les niveaux du cursus scolaire : les élèves peuvent en réalité être sensibilisés dès le plus jeune âge à leur usage du numérique, qu’ils côtoient au quotidien à la maison, et à leur rapport aux contenus qu’ils consomment sur Internet.

L’enjeu pour l’institution est alors de donner aux enseignants les moyens nécessaires à cette démarche. Le taux d’équipement des établissements est l’un des obstacles que dénoncent régulièrement les professeurs : matériel informatique ancien, souvent défectueux…

D’autres modèles pourraient être imaginés pour moderniser l’école et lui donner une nouvelle agilité. A l’heure où la contribution sociale des géants du numérique est pointée du doigt, à juste titre, comment les faire participer à cet effort ? Ne pourraient-ils pas fournir aux établissements les ressources dont ils manquent (matériel, licences de logiciels…) avec des conditions avantageuses, dans le respect de nos règles (protection des données, etc.) ?

C’est grâce à une réflexion large, associant l’institution, les professionnels et les experts du domaine, que pourront émerger les méthodes et les projets qui permettront aux élèves d’entrer avec un regard éclairé dans notre monde numérique.

Ce sujet vous intéresse ? N’hésitez pas à contacter Fabien Maurin pour poursuivre la discussion !”

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