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Comment capter l’attention d’étudiants de plus en plus connectés

Comment capter l’attention d’étudiants de plus en plus connectés

Icônes indiquant l’arrivée de nouveaux messages sur son smartphone, notifications provenant de différents réseaux sociaux, vibrations signalant un appel, alertes média apportant une information en temps réel…

Jamais notre esprit n’a été confronté à autant de sollicitations : le numérique a en effet démultiplié les possibilités de se faire happer par quelque chose d’autre que ce que nous étions en train de faire, mettant notre capacité de concentration à rude épreuve.

Souvent dénoncée comme le fléau de l’ère digitale, cette surabondance va de pair avec une « googlisation des esprits » qui nous incite à nous jeter sur notre téléphone ou notre ordinateur pour trouver la réponse à une question.

La croissance exponentielle des données en tous genres, disponibles en un simple clic, nous rend accros aux outils numériques, d’autant plus que l’accès à une information nouvelle fait intervenir ce que les neuroscientifiques appellent le circuit de la récompense : le cerveau réagit de manière positive, il libère de la dopamine qui nous procure une sensation de plaisir.

Evidemment, les « digital natives » que sont les étudiants n’échappent pas au phénomène, loin s’en faut, et les enseignants se heurtent souvent à la question de savoir comment capter leur attention dans un monde de plus en plus connecté.

Docteure en science et professeure à l’université de Namur, Mireille Houart s’intéresse aux questions de pédagogie et propose des pistes à ce sujet, en s’appuyant sur ce que l’on sait aujourd’hui de la manière dont fonctionne l’attention.

Stimulations intérieures

Rappelant tout d’abord que l’attention est sélective, la chercheuse souligne qu’il faut l’aider à trier et choisir parmi les multiples sollicitations dont nous sommes l’objet.

Or, si les stimulations extérieures, liées en particulier aux technologies numériques, sont nombreuses, notre cerveau reçoit également des stimulations intérieures : des sensations (de froid, de fatigue, de faim…), des pensées (le fait que notre esprit vagabonde), ou des émotions qui peuvent venir perturber l’attention.

Autant de paramètres à ne pas négliger dans la mesure où, par exemple, « les neurosciences ont montré que la zone de l’apprentissage s’inhibe en partie en situation de stress, qui constitue une source d’émotions négatives ».

A l’inverse, raconter des anecdotes amusantes suscite une émotion positive qui peut aider les étudiants à mémoriser des informations. De même, les rassurer et les féliciter constituent des manières efficaces de les mettre en confiance et de maintenir leur attention en éveil.

Difficulté du multitâche

Mireille Houart insiste également sur le fait que notre esprit a du mal à faire plusieurs choses à la fois, à moins d’avoir automatisé l’une d’entre elles.

Concrètement, il est difficile pour un étudiant de prendre des notes tout en écoutant l’enseignant et en réfléchissant à la question qu’il pourrait éventuellement poser.

Pour aider les étudiants à mieux gérer les tâches qu’ils doivent accomplir, la chercheuse propose, par exemple, d’instaurer des moments de silence pour faciliter la concentration sur la prise de notes ou, lors d’un examen, de suggérer aux étudiants de séparer la rédaction d’un texte et la relecture orthographique.

Par ailleurs, se mettre dans un état d’esprit propice à recevoir une information permet d’y réagir de façon adéquate : c’est le principe de l’attention préparatoire.

Lors d’un cours, l’enseignant peut dès lors mettre en avant les objectifs poursuivis, faire ressortir les points clefs qui vont être développés, mais aussi de prévenir les étudiants des difficultés ou pièges liés au sujet traité.

Le discours y gagne en clarté et les étudiants, qui savent à quoi s’attendre, y sont plus réceptifs.

Enfin, Mireille Houart suggère d’expliquer aux étudiants le fonctionnement du cerveau : ils devraient ainsi mieux percevoir, par exemple, l’intérêt de se fixer des objectifs précis à court terme ou tout simplement de se déconnecter.

Une manière aussi de les responsabiliser dans leur apprentissage.

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Pour en savoir plus :

Consultez l’article de Mireille Houart sur le site de l’université de Namur.

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