Enseignement à distance

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Blended learning, mode d’emploi

Blended learning, mode d’emploi

Alterner des cours en présentiel et des modules de formation à distance : tel est le principe du blended learning, qui se développe de plus en plus dans les établissements d’enseignement supérieur. Parmi eux, l’EPF, école d’ingénieurs postbac, a intégré cette pédagogie dans son cursus et a étudié sa mise en place d’un point de vue scientifique.

Des recherches qui permettent de mieux comprendre les ressorts du blended learning et d’en tirer quelques enseignements, comme l’explique François Stéphan, directeur du campus de Montpellier.

Une alternance pensée en amont

« A quel moment le distanciel a-t-il une plus-value dans l’apprentissage ? C’est la question à se poser avant de lancer un parcours en blended learning », souligne François Stéphan. Pour organiser le cours, il est utile de garder en tête plusieurs principes clefs :

  • Former les enseignants au blended learning.
  • Expliquer le principe de cette pédagogie aux étudiants et les accompagner lors des premières séances d’autoformation. « Beaucoup d’élèves aiment le confort du cours magistral classique, remarque François Stéphan : ils écoutent tranquillement la bonne parole et ont l’impression d’assimiler des connaissances mais les études montrent que celles-ci sont souvent éphémères ou partielles. Il faut expliquer aux élèves l’intérêt d’être acteur de leur apprentissage. »
  • Instaurer une complémentarité entre le présentiel et l’autoformation : les ressources en ligne ne remplacent pas le cours magistral, elles le préparent en permettant d’acquérir des prérequis. A l’enseignant de créer du lien en posant des questions ou en faisant une rapide synthèse.
  • Réfléchir aux types de connaissances abordées en présentiel et en ligne : « la complexité demande un accompagnement » résume François Stéphan. Ainsi, pour des ingénieurs, la présence physique de l’enseignant est préférable pour expliquer des notions de mathématiques abstraites. Par ailleurs, certains gestes ne s’apprennent qu’en touchant des capteurs ou en pilotant un objet connecté. En revanche, la maîtrise du logiciel Catia ou du langage Matlab peut s’acquérir avec un tutoriel.

Trois types de séances en présentiel

  • Des cours magistraux : une séance introductive qui explique le principe du blended learning, suivie de séances de synthèse qui débutent par un quiz portant sur les connaissances développées dans les modules en ligne.
  • Des cours de TD (travaux dirigés) : échange avec les étudiants sur les éventuelles difficultés rencontrées en ligne puis mise en situation concrète à travers des expériences et manipulations.
  • Une évaluation sous la forme d’une étude de cas.

Ingrédients pour une autoformation réussie

  • Des vidéos courtes : chaque capsule est ciblée sur une notion seulement et complétée par un autotest spécifique qui lui correspond.
  • Des documents, fiches méthode et fiches de synthèses mis à disposition en ligne.
  • Des exercices d’entraînement supplémentaires pour appliquer ses connaissances.
  • Quelques séances de « distanciel en présentiel » pour démarrer : l’enseignant est présent à côté des étudiants qui travaillent sur la plateforme. Il les guide dans la navigation, répond à leurs questions et leur donne des conseils : avoir un crayon à la main pour prendre des notes, faire systématiquement l’autotest à la fin de chaque vidéo…

Bénéfices pédagogiques

« Une chose est sûre : on ne gagne pas d’argent avec le blended learning ! », prévient François Stéphan. « Il faut rémunérer les enseignants, mais aussi les personnes qui scénarisent, développent et mettent à jour les vidéos ». Pour le directeur de campus, les bénéfices sont à chercher ailleurs, du côté de la pédagogie. En effet, le blended learning permet de :

  • Mesurer de manière fine de ce qui est compris ou pas, au niveau individuel et collectif.
  • Personnaliser les parcours : chacun peut travailler à son rythme, passer plus de temps sur une matière et moins sur une autre.
  • Rendre les étudiants actifs, grâce aux quiz et autotests.
  • Développer leur autonomie, une compétence utile d’un point de vue professionnel. Convaincu de ces résultats, le directeur de l’EPF affirme sa volonté de « passer à la vitesse supérieure : de 20 à 30 % de blended learning sur le cycle licence, on voudrait maintenant basculer vers une pédagogie totalement mixte ».

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