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Exposition aux écrans : quels effets réels sur le cerveau ?

Exposition aux écrans : quels effets réels sur le cerveau ?

Tablette, ordinateur, smartphone, télévision… Omniprésents dans notre quotidien, les écrans font souvent l’objet d’un jugement négatif quand il s’agit d’évoquer l’apprentissage et le développement des enfants.

Abrutissants, ils empêcheraient de dormir et favoriseraient l’obésité, le repli sur soi, voire la dépression : tels sont les reproches que l’on entend fréquemment. Contre ces affirmations catégoriques, Grégoire Borst exprime un point de vue plus mesuré.

Professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation à l’université Paris Descartes, ce spécialiste du cerveau ne nie pas que l’exposition aux écrans est une question sérieuse mais il entend s’en saisir d’une manière raisonnée et scientifique.

Il partage volontiers son point de vue lors de conférences, dans lesquelles il transmet à la fois ses connaissances et ses réserves. Car bien souvent, explique-t-il, les études divergent et il est difficile de se faire une opinion.

Par ailleurs, il faut tenir compte de la plasticité cérébrale et notamment du fait que le cerveau ne cesse de se développer et de se transformer jusqu’à 25 ans.

Or, les outils numériques sont encore trop récents pour que leur effet ait pu être sérieusement mesuré grâce à des études réalisées sur la durée.

Ecrans et développement cognitif

Les écrans freinent-ils le développement cognitif comme on le croit souvent ? Grégoire Borst cite souvent une étude selon laquelle plus les bébés passent de temps devant des écrans, moins ils se développent sur le plan cognitif, notamment entre 24 et 36 mois.

Cependant, le chercheur relativise ces résultats car aucune différenciation n’est faite concernant le type d’écran ni de contenu, alors que ces paramètres ont toute leur importance.

En outre, il est trop tôt pour savoir si cette exposition a un effet à long terme, ce qui est pourtant l’enjeu ici.

Une autre étude met en avant des troubles de l’attention chez des enfants qui ont passé plus de sept heures par jour devant la télévision entre un et trois ans. Si le lien est significatif, Grégoire Borst souligne qu’il n’apparaît qu’à des doses d’exposition massives.

De plus, l’étude ne dit pas si c’est l’exposition qui a produit les troubles de l’attention ou si c’est parce que les enfants étaient sujets à de tels troubles qu’ils passaient plus de temps devant la télévision.

Ecrans et bien-être

Autre idée largement partagée : les écrans ont un effet délétère sur le sommeil. Grégoire Borst nuance ici encore le propos en expliquant qu’un impact négatif existe mais seulement dans certaines circonstances particulières : quand les écrans sont utilisés juste avant de se coucher et dans une pièce sombre.

En ce qui concerne plus spécifiquement les adolescents, dont il est souvent question à ce sujet, ceux qui utilisent leur smartphone plus de 7 heures par jour dorment effectivement moins que ceux qui l’utilisent moins de 2 heures par jour.

Cependant, la différence est pour le moins ténue : 8 minutes sur 8h30 de sommeil.

D’une manière générale, le chercheur affirme qu’il n’y a pas de relation entre le temps que passent les adolescents sur leur smartphone et leur bien-être.

Bien sûr, certains jeunes entretiennent une relation problématique aux écrans, mais ceux qui consultent les psychologues pour cette raison constituent un échantillon biaisé, non représentatif de la population générale.

Quant à l’autisme, dont on dit parfois qu’il est favorisé par une consommation d’écrans excessive, il s’agit d’un problème neurodéveloppemental dont l’origine, insiste le scientifique, est biologique, et non psychologique.

Ainsi, sans sous-estimer les difficultés liées à l’exposition aux écrans, Grégoire Borst estime qu’il ne s’agit pas d’un problème de santé publique.

Davantage qu’un effet inhérent aux écrans, le chercheur met en avant leur contenu et l’influence du contexte dans lequel ils sont utilisés.

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