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Les 10 Neuromythes les plus célèbres par Philippe Lacroix (3/3)

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Les neuromythes sont des croyances erronées sur le fonctionnement du cerveau humain. En raison des simplifications apportées par les médias, des motifs politiques et commerciaux, et de la hâte des chercheurs à publier des résultats tape-à-l’œil, les gens acceptent une notion erronée, incomplète ou préliminaire comme une révélation novatrice. Bien que la plupart de ces mythes soient finalement réfutés, ils ont généralement pris racine dans l’esprit des gens avant que cela n’arrive. Voici quatre des neuromythes les plus célèbres et leurs fondements neuroscientifiques faussement revendiqués.

Neuromythe N°7: «Le cerveau (des femmes/des heunes) est multitâches»

L’on dit souvent que les femmes ou les jeunes générations sont plus douées pour les activités multitâches. La réponse des scientifiques à la question «Sont-ils plus productifs en réalisant plusieurs tâches à la fois ?» est catégorique : non. Au contraire, cumuler les tâches en parallèle met le cerveau en difficulté. C’est notamment la raison pour laquelle il est interdit de téléphoner quand on est au volant.

Le seul cas où une double tâche est possible est quand l’une d’entre elles est totalement automatisée, comme marcher en parlant. Même dans ce cas, il suffit d’un imprévu pour que l’activité automatique s’interrompe. Notre cerveau est beaucoup plus efficace quand il réalise une tâche à la fois, peu importe l’âge et le sexe.

Neuromythe N°8: «Hommes et femmes ont des intelligences très différentes»

On entend souvent dire que les hommes et les femmes n’ont pas la même intelligence, et notamment que les hommmes seraient plus doués en mathématiques. Qu’en est-il ? Anatomiquement, le cerveau de l’homme est plus volumineux et plus lourd que celui de la femme. Il existe aussi des différences fonctionnelles : l’air du langage, par exemple, apparaît plus active chez les femmes. L’imprégnation hormonale du cerveau n’est pas la même puisque les hormones sexuelles y circulent. Aucun lien n’a été établi entre ces variations et d’éventuelles différences de fonctionnement cognitif.

Si certains rapports ont suggéré par le passé une supériorité des garçons sur les filles en mathématiques, d’autres plus récentes les remettent en question. Une étude portant sur 86 pays a montré que la différence, quand elle existe, est faible et davantage imputable aux facteurs sociaux qu’au genre. Par ailleurs, une méta-analyse révèle que les filles auraient de meilleurs résultats scolaires quelle que soit la matière, et ce depuis un siècle.

Si l’on constate dans le cerveau des différences biologiques liées au sexe, leur signification n’est pas établie. En particulier, l’intelligence des hommes et des femmes reste tout à fait comparable.

Neuromythe N°9: «Les jeux vidéo de brain training sont efficaces»

Les jeux vidéos d’entraînement du cerveau appelés brain training sont très populaires aux États-Unis. Sont-ils efficaces pour améliorer durablement les fonctions cognitives ? De nombreuses études cherchent à répondre à cette question. À ce jour, les résultats sont décevants. Un collectif de scientifiques s’est même mobilisé aux États-Unis pour les dénoncer auprès des consommateurs.

Une vaste étude publiée dans Nature a analysé l’effet comparé de trois entraînements sur 11 430 sujets adultes :

  • soit recevoir un entraînement vidéo de type brain training ;
  • soit recevoir un antraînement classique au raisonnement et à la résolution de problème ;
  • soit répondre à des questions banales en cherchant la réponse sur internet.

À l’issue de six semaines de ce régime, les trois groupe avaient augmenté leurs scores cognitifs de façon similaire.

Outre l’absence de résultat probant, la question que posent ces jeux est celle de la transférabilité des apprentissages qu’ils transmettent. Il suffit de s’entraîner à une tâche pour devenir plsu performant dans celle-ci. Pour autant, ce n’est pas parce qu’on augmente son score au jeu, par exemple en cliquant plus rapidement sur une cible, que cela va modifier automatiquement nos performances cognitives dans la vie courante.

Trois pistes sérieuses, mais encore préliminaires, émergent :

  • l’entraînement de la mémoire de travail, notamment chez les sujets souffrant d’un déficit de l’attention ;
  • l’entraînement de l’attention et des fonctions exécutives ;
  • de simples jeux vidéo d’action auraient pour effet une amélioration durable et généralisable sur la cognition spaciale.

Neuromythe N°10: «Il est possible d’apprendre en dormant»

La croyance erronée selon laquelle il serait possible d’apprendre en dormant n’est pas nouvelle. Des chercheurs de l’ancienne Union soviétique s’étaient penchés sur cette question dans les années 1950-1960. Certaines de leurs études prétendaient obtenir des résultats positifs mais présentaient de gros défauts méthodologiques. Cela explique pourquoi les scientifiques des pays occidentaux n’ont jamais pu reproduire les effets allégués.

Pour apprendre, il faut être éveillé car des efforts conscients sont nécessaires. Si le sommeil ne pemet pas de faire de nouveaus apprentissages, il joue cependant un rôle considérable dans le développement et le fonctionnement du cerveau. Il permet notamment de consolider les apprentissages que l’on a fait en période d’éveil.

Que peut-on en apprendre ?

Cinq évidences scientifiques

  • Nous utilisons 100% de notre cerveau.
  • Multitâches = lenteur + erreurs.
  • Notre cerveau est câblé pour apprendre toute la vie.
  • Nous sommes tous d’abord «visuels».
  • Cerveau homme/cerveau femme : plus de similarités que de différences.

Cinq approches rejetées par la science

  • les styles d’apprentissage visuel/auditif/kinesthétique ;
  • les approches cerveau droit/cerveau gauche ;
  • L’«effet Mozart» ;
  • la Brain Gym® ;
  • les jeux vidéos de type brain training.

Cet article a été réalisé sur base du livre “Neuro Learning: Les neurosciences au service de la formation”, un ouvrage très riche qui “constitue un exploit pédagogique dans la mesure où il transforme un processus éminemment perturbateur en un groupe de nouvelles possibilités d’apprentissage”.

Source:

Medjad, N., Gil, P., & Lacroix, P. (2017). Neuro Learning: Les neurosciences au service de la formation. Paris: Eyrolles.

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Joséphine Misson

Joséphine Misson

Josephine est responsable marketing chez Wooclap. Passionnée l'EdTech elle est responsable bonheur dans son temps libre. Vous la trouverez souvent en train de remplir le ventre de ses collègues de délicieuses friandises.